Institut Français de Psychosynthèse

Amour et liberté

albertiArticle d’Alberto ALBERTI Psychiatre et psychothérapeute florentin, élève et collaborateur d’Assagioli, membre fondateur et responsable didactique de la Société Italienne de Psychosynthèse Thérapeutique.

 

Table des matières

LE SENTIMENT DE LIBERTÉ. 1

LA LIBERTE DU SENTIMENT. 2

LES ERREURS DES INSTITUTIONS. 2

POUVOIR ET ASSERVISSEMENT. 3

LE MANQUE DE CONFIANCE EN L’ETRE HUMAIN.. 4

L’AMOUR CONTRE LA LIBERTE. 4

LA LIBERTE CONTRE L’AMOUR. 5

LA PATHOLOGIE DE LA LIBERTE. 6

LA PATHOLOGIE DE LA JOIE. 6

LA CONSCIENCE DE LA LIBERTE. 7

BIBLIOGRAPHIE. 8

 

 

« Chaque créature, chaque être isolé se sent incomplet, insuffisant, insatisfait ; il n’a pas de paix, il cherche quelque chose, sans savoir ce que c’est [  ] Cet élan qui porte à se compléter, à s’unir, à se fondre avec quelque chose, avec quelqu’un différent de soi, c’est justement l’essence même de l’amour. Une telle union, une telle fusion est créative et productive, elle donne origine à quelque chose d’autre ».

  Roberto Assagioli

« Il va reconquérir la liberté si chère que beaucoup de mortels l’aiment mieux que la vie ».

Dante Alighieri (Purgatoire, I, 71-72)

LE SENTIMENT DE LIBERTÉ

« Celui qui est libre d’aimer Est libre dans la vie, Et il vit au-delà de la mort »

Nous pouvons sous certains aspects considérer l’homme comme un être vivant, situé dans une situation spécifique de liberté.

Le but fondamental de chaque être humain est d’être soi-même. Il peut atteindre ce but seulement à travers la liberté. En prenant conscience de sa dimension de liberté, il peut se sentir libre et manifester son essence.

L’essence de l’homme a ses racines dans le sentiment de liberté et elle s’identifie avec la liberté d’être soi-même.

Etre soi-même signifie pouvoir exprimer librement sa propre essence et donner voix à sa propre âme, au moyen de la libre manifestation des sentiments.

Chaque homme naît libre d’exprimer sa propre essence.

LA LIBERTE DU SENTIMENT

Du sentiment de liberté germe, grandit et se manifeste la liberté du sentiment.

La liberté du sentiment est fondamentalement liberté d’aimer et liberté d’exprimer tous les sentiments positifs (confiance, courage, joie, beauté, espoir, étonnement, etc.).

Les sentiments positifs constituent le contenu même de la liberté : ils la supposent, ils l’évoquent et la renforcent.

On peut aussi dire qu’il n’existe aucune différence entre amour et liberté : l’amour est liberté d’aimer et la liberté est telle seulement si on l’aime.

Si nous sommes libres nous ne pouvons qu’aimer, et un amour authentique est seulement libre, mais aussi libérateur de soi et même des autres).

Quand cela arrive, il se réalise quelque chose qu’on peut appeler une atmosphère de liberté : la liberté engendre l’amour, et l’amour à son tour engendre la liberté : la liberté ainsi renforcée et confirmée par l’amour engendre la joie, et la joie donne davantage de vie et de mouvement à la liberté.

Le tout s’accomplit à travers un processus d’expansion de la conscience : dans ce sens la conscience se relie à la vie par l’acte d’un profond « Oui » à la vie.

 

LES ERREURS DES INSTITUTIONS

Nous avons affirmé que le vrai amour s’identifie avec la liberté  d’aimer.

En conséquence si l’amour ne naît pas de la liberté, il ne peut pas être considéré comme un amour authentique.

Le devoir d’aimer n’est pas de l’amour, mais une forme d’esclavage. Celui qui doit aimer n’est plus libre d’aimer : en perdant la liberté, il perd aussi la capacité d’aimer.

Voilà l’erreur que courent les institutions sociales et religieuses. En effet elles trop souvent altérées au point de dénaturer l’authenticité des valeurs. Plutôt que d’éduquer de l’intérieur, ou au moins de reconnaître les libres sentiments, quitte à les légitimer par la suite et les rendre sacrés par différents rituels, elles les imposent de l’extérieur comme des valeurs morales et religieuses.

Ce fait d’imposer des valeurs anticipe la libre expérience des sentiments, réprime le sentiment de liberté et rend impossible l’expression d’un amour authentique.

De telles institutions, ainsi altérées dans leur fonction réelle, ont perdu leur vraie nature et produisent des effets dévitalisants. Elles ont perdu la confiance en l’homme, en sa valeur, en la bonté originelle de ses potentialités.

En réalité elles se méfient de l’homme, elles ne croient pas qu’un homme libre aime forcement et elles regardent avec soupçon sa liberté.

Concrètement elles entraînent l’homme dans le doute de soi-même et de son droit à vivre en liberté. Elles lui suggèrent que sa nature n’est pas bonne, qu’elle est mauvaise, et qu’il faut le mettre en garde contre soi-même.

Le est plus grave n’est pas qu’elles écrasent la liberté humaine, mais plutôt qu’en poussant l’homme à identifier la liberté avec la possibilité du mal , elles l’induisent sournoisement à perdre la conscience de sa liberté.

Ce qui arrive, en réalité, est une soustraction de conscience, qui présente des analogies intéressantes avec le délire du vol de la pensée des sujets schizophrènes.

POUVOIR ET ASSERVISSEMENT

Ainsi, quand les institutions dans leur fonctionnement ont perdu de vue la liberté elles se momifient et s’enferment dans le mécanisme de leur propre structure. Il arrive que, ouvertement ou non, elles imposent et canalisent les sentiments, elles leur soustraient conscience et liberté et en compromettent l’authenticité.

Le seul but qu’on a obtenu est une forme de contrôle social, basé, non seulement sur le manque de confiance en l’être humain, mais aussi sur la volonté de pouvoir, exercée par celui qui, n’étant pas libre intérieurement et n’ayant pouvoir sur soi, recherche le pouvoir sur les autres.

Le libre sentiment est remplacé par l’obligation du sentiment, dans le but de l’enfermer dans une règle et de pouvoir le contrôler, et aussi nécessairement par l’obligation du non-sentiment (c’est à dire, l‘obligation de s’interdire de sentir ce que librement on ressent), chaque fois que le libre sentiment franchit les limites des règles et perturbe l’ordre social et religieux.

C’est ainsi que l’homme meurt et naît l’esclave. En effet l’esclave n’est plus un homme. L’homme dépourvu de liberté est dépourvu de soi-même. C’est un manque de soi-même : il est devenu un non-homme. Il est devenu justement un esclave. Le devoir de l’esclave, ce n’est pas d’exprimer ses sentiments, mais seulement d’obéir. Il doit seulement « montrer » qu’il ressent ce qu’on lui demande, et accomplir les actes correspondants. Ce qu’il ressent dans son âme n’est pas important.

Son âme est sans importance.

LE MANQUE DE CONFIANCE EN L’ETRE HUMAIN

Quand il est enfant, l’être humain a une confiance instinctive envers le monde, spontanément il aime et jouit de la vie. Il éprouve la nécessité d’être rassuré et confirmé dans ses propres sentiments ; (elle est la vraie réponse à son besoin de sécurité).

En revanche les adultes, qui souvent ne sont pas libres et n’ont pas confiance en l’homme et en la vie, regardent avec soupçon la liberté d’expression de soi de l’enfant. Pour cette raison ils lui enlèvent sa confiance dans la liberté et dans le positif de ses libres sentiments.

On enseigne la confiance en les sentiments contrôlés : l’enfant, qui instinctivement croyait, aimait, et avait du plaisir, apprend maintenant qu’il doit croire qu’il doit aimer et qu’il doit tirer du plaisir.

Et comme il ne peut pas conditionner volontairement ses propres sentiments, il doit faire semblant d’être content, d’aimer et d’avoir confiance.

Bref, il doit apprendre (en utilisant la possibilité de commander son propre corps) à faire semblant de sentir ce que spontanément et librement il aurait ressenti, en transformant un sentiment libre en un sentiment contrôlé.

Et ce qui est plus grave, c’est qu’il devra apprendre à tromper aussi soi-même.

L’AMOUR CONTRE LA LIBERTE

« Dès le moment de sa naissance () l’enfant est soumis à des contraintes exercées avec violence, qu’on appelle amour, comme l’avaient été sa mère, son père, leur parents, et les parents des parents ». (R.D.Laing)

Cet enseignement d’étouffement de sa propre nature et d’apprentissage à vivre (ou mieux à survivre) sans liberté est appelé le plus souvent amour et protection.

Un oiseau dans sa cage peut être protégé contre le monde extérieur, mais il ne peut pas voler.On lui a enlevé la liberté de voler, c’est –à- dire sa propre essence et identité.

Un oiseau qui ne peut pas voler, n’est plus lui-même : il est devenu une « chose ». Celui qui le garde dans la cage peut aussi l’aimer en apparence, c’est –à- dire en prendre soin avec un mélange d’affection et de possession, mais, en même temps que la liberté de voler, il lui soustrait la signification même de son existence.

La vie d’un oiseau en cage est éteinte. La liberté de vivre est remplacée par une contrainte à la vie. Le devoir remplace la liberté. On veut qu’il chante, qu’il aime et qu’il procrée. Plusieurs oiseaux, en état de captivité, n’aiment pas et ne procréent pas.

C’est un exemple d’amour sans liberté, d’amour qui naît d’une personne qui n’est pas libre. Celui qui n’est pas libre, en effet, a beaucoup de difficulté à aimer vraiment une autre personne, parce que il lui est très difficile d’aimer la liberté de l’autre.

En effet sa première préoccupation ne sera pas l’autre personne et sa liberté d’être, mais plutôt de répondre à celui ou à ce qui le garde comme prisonnier.

Enfin, la première chose dont il semble se préoccuper, est (comme il l’a appris et subi lui-même) d’enlever la liberté.

Le vrai amour naît de la liberté : c’est la liberté d’aimer et l’amour pour la liberté de l’autre.

LA LIBERTE CONTRE L’AMOUR

Nous avons affirmé que l’essence de l’homme est constituée par la liberté d’être soi-même, laquelle s’identifie avec la liberté d’exprimer ses sentiments, considérés comme positifs, tel que la liberté d’aimer et de jouir de la vie.

À ce point, une question semble légitime :

« Peut-il exister aussi une liberté négative ? Peut-il exister la liberté de haïr et d’exprimer des sentiments négatifs ? Est-ce qu’il est permis toutefois de donner libre expression à tout ce qu’on ressent ? »

On peut répondre en affirmant qu’il n’existe aucune liberté de haïr. En effet celui qui est libre et qui se sent libre ne peut qu’aimer, ainsi qui aime ne peut que se sentir libre.

La haine ne peut pas naître de la liberté, mais au contraire elle naît de la privation de la liberté.

La haine et tous les sentiments soi-disant négatifs (rage, tristesse, envie, etc) sont dus à la réaction à une longe période de captivité. Ils tirent leur origine d’un état de privation, du manque ou de la perte de la liberté d’être soi-même, de déployer sa propre essence, et d’exprimer librement ses propres sentiments (qui, en tant que tels, ne peuvent qu’être positifs).

La liberté conçue comme potentiellement dangereuse, la liberté d’expressive sans aucun contrôle n’est pas une vraie liberté : elle doit, au contraire, être considérée comme un tentative d’évasion de la captivité, accompagnée de ressentiments liés à la situation de privation, et parfois d’ intenses besoins-impulsifs destructifs.

Le contrôle, l’oppression et la captivité ne peuvent être justifiés en tant que moyens de prévention du caractère périlleux de la liberté, puisque ces moyens la rendent dangereuse.

Cela n’est pas très différent de quand les patients psychiatriques étaient enfermés dans les asiles d’ aliénés. Leur réaction agressive à la réclusion était utilisée, après coup, comme une explication de la réclusion même.

 

LA PATHOLOGIE DE LA LIBERTE

On peut, sous certains aspects, considérer la pathologie comme une limitation ou perte de la liberté d’être soi-même.

En particulier celui qui souffre de troubles psychiques est en outre une personne qui n’a pas l’impression d’être aimé, dans sa propre liberté, et qui a perdu tout on partie de la liberté de soi et de ses propres sentiments. Il a perdu en réalité la conscience de sa propre liberté de sentir, de penser et d’agir : il a perdu, c’est-à-dire, son âme.

Il a construit une personnalité erronée et pathologique conditionnée par l’extérieur et privée de liberté ; avec laquelle il masque sa réelle pathologie, constituée par le vide intérieur, et par une situation d’absence (absence de l’âme).

Il est nécessaire que les sciences psychiatriques, qui ont la tâche de s’occuper de ce qu’on appelle la « pathologie de la liberté », portent leur attention à ne pas se constituer comme des institutions subsidiaires de contrôle social, ce qui diminuerait ultérieurement la liberté de qui déjà, par sa maladie, en a été partiellement privé.

Il est nécessaire, au contraire, qu’elles se proposent en tant que sciences de libération, libres en leur intérieur et au service de la liberté de l’homme, c’est-à-dire visant à aider l’homme qui souffre à recouvrer la conscience de sa liberté fondamentale (qui est également un droit) d’être soi-même.

Afin que ces sciences puissent devenir vraiment « humanistes », il est cependant indispensable qu’elles posent leur centre unificateur dans la liberté de connaître et agir, et qu’elles soient poussées par l’amour, au delà et à travers la pathologie, vers la liberté et l’âme de l’homme.

LA PATHOLOGIE DE LA JOIE

La pathologie peut, d’autre part, être considérée comme une limitation ou perte de la joie d’être et de se sentir vivant.

Actuellement les sciences psychiatriques ont leur point de référence et leur centre unificateur vers l’homme patient, c’est-à-dire vers l’homme qui souffre, et elles ont comme but le soin de la souffrance et/ou de la maladie psychique.

Dans le meilleurs des cas elles cherchent à ne pas rendre pathologique chaque manifestation de souffrance, tout en reconnaissant l’unicité de chaque situation existentielle, en reliant chaque forme de souffrance à des sujets humains, et en faisant la différence entre situations de souffrance pathologique, qui sont régressives, et situations conflictuelles, qui ont une signification physiologique et évolutive.

Il est nécessaire, cependant, d’aller au-delà :

  • Aller au-delà de la maladie, vers la souffrance : ne pas identifier la souffrance avec la maladie, mais savoir discriminer ; la maladie peut être considérée comme une forme de souffrance organisée, statique et répétitive ; il faut chercher donc, selon les possibilités, de redéfinir la maladie psychique (quand elle est présente) en termes de souffrance (libre) existentielle.
  • Aller au-delà de la souffrance, vers l’homme qui souffre : ne pas identifier le sujet avec la souffrance et/ou la maladie dont il est affecté, mais rechercher toujours l’homme derrière chaque forme de pathologie.
  • Aller au-delà de l’homme qui souffre, vers la joie cachée : l’homme n’est pas né pour souffrir, mais pour jouir ; la souffrance est une  « joie non jouie », comprimée et pas confirmée. ; une joie qui n’est pas partagée ; une joie blessée et mortifiée.

La nature originelle de l’homme est bonne et positive. L’homme est né par un acte divin d’amour et de joie. Il vit pour exprimer sa joie d’exister. Il est orienté vers la joie.

Il faut passer d’une « psychologie de la maladie » à une « psychologie de la joie ».

De ce point de vue, le point de référence de la science psychiatrique semble être destine à se déplacer dans un premier temps de l’  « homme malade » à l’ « homme qui souffre », et successivement de l’homme qui souffre à l’ « homme qui jouit ».

Alors l’homme malade n’est pas un patient, ni l’homme qui souffre, mais plutôt l’ « homme qui n’est pas capable de jouir » (une souffrance qu’on pourrait appeler « impossibilité de joie »). De ce point de vue la pathologie apparaît comme une forme d’ « absence de joie ».

LA CONSCIENCE DE LA LIBERTE

La liberté présent une nécessité intrinsèque d’être aimée. Pour aimer la liberté d’une manière authentique il est nécessaire d’être libre ; ainsi comme pour être vraiment libre il est nécessaire d’aimer la liberté.

Chaque homme naît libre et librement il aime. Mais, s’il est jeté dans un monde de personnes qui ne sont pas libres, sa liberté ne sera pas aimée et, peut-être, lui-même arrêtera d’aimer et d’être libre.

En effet celui qui n’est pas libre, quand il se trouve face à une personne vraiment libre, voit reflété en lui ce qui lui manque, il prend conscience de son absence de liberté, et donc de sa faillite existentielle. Dans la majorité des cas il n’est pas en état de tolérer cela et par conséquent il essayera de posséder ou de comprimer la liberté de l’autre.

Ce n’est pas toujours ainsi: parfois il peut arriver que l’exemple vivant d’une personne libre ou qui est en train de se libérer, qui sent librement, qui aime et qui jouit, traverse la carapace de celui qui se sent emprisonné, et arrive à effleurer légèrement son âme, et susciter en elle un petit trouble.

Il peut arriver alors que l’âme, touchée de cette façon, reconnaisse l’illusion de son vécu de captivité, s’aperçoive d’elle-même, et se rappelle d’être libre. Ainsi le contact vivant avec une personne libre peut représenter une invitation à la liberté, une suggestion à cesser l’effort de son propre auto-imprisonnement.

Cela peut être considéré aussi comme une invitation à la conscience, à ouvrir simplement les yeux et à regarder ce qui a toujours été devant notre vue. Et si nous regardons bien, nous ne pouvons que nous apercevoir que nous sommes libres et que nous l’avons été depuis toujours.

Et en se laissant porter par le souffle de cette liberté, nous ne pouvons que voir et sentir qu’en nous, dans les autres et partout il y a la vie, qu’il existe une seule réalité d’amour, de joie et de liberté.

Une seule essence, une seule âme, un seul parfum : le souffle de la liberté.

 

BIBLIOGRAPHIE

ALBERONI F. (1990), Innamoramento e amore, Ed. Garzanti, Milano

ALBERTI A. (1974), L’amore come mezzo terapeutico, in PSICHE. Rivista di Psicosintesi, Anno I, n.2, Settembre 1974, Ed. Nuova Era, Roma.

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ASSAGIOLI R. (1988), Elementi spirituali nella personalità : l’amore, in « Lo sviluppo transpersonale », pp. 218-223, Astrolabio, Roma

FROMM E. (1956), L’arte di amare, Ed. Il Saggiatore, Milano 1971.

FROMM E. (1941), Fuga dalla libertà, Ed. Comunità, Milano 1976).

LAING R.D. (1967), La politica dell’esperienza, Ed. Feltrinelli, Milabno 1976.

Article traduit de l’italien par Franco SALVINI, tiré du livre « PSICOSINTESI E OLTRE » di Alberto ALBERTI, L’Uomo Edizioni, Firenze, 2007

 

 

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